09.05.2011

Des droits à la vie à la Laïcité.

  Médecin embryon.jpgAporie de la notion de « droit à la vie ». Le droit suppose un sujet du droit. Or le sujet du droit est un sujet qu’on peut reconnaître comme humain, non par sa parole mais par sa capacité de parole. Cette capacité, indépendamment du fait qu’elle puisse être entravée par certains accidents (handicaps), doit être le signe de son autonomie, de sa capacité à accepter et à appliquer de lui-même les règles de la vie sociale.

  Par conséquent aucun droit, au sens courant, ne peut être donné à l’embryon qui en tant que tel n’a pas la capacité du logos, ni l’autonomie, puisqu’il est immobile et entièrement des mouvements de sa mère. Si les catholiques veulent être compris, ils ne peuvent parler de droit à la vie, notion vague, et fausse.

  Ainsi préserver à tout prix la vie de l’embryon doit provenir d’une exigence soit qui dépasse le sens courant du droit en donnant un droit à un non-sujet de droit, soit qui est à la fois fixée politiquement sans être totalement politique (puisque la politique se dessaisirait de son pouvoir). Dans un cas on étend  la notion de droit jusqu’à la rendre fade, dans l’autre on fixe une limite au politique, on lui donne une définition. Le premier cas existe déjà : les droits de l’homme donnent à tout homme en tant qu’il est homme un ensemble de droit, indépendant de sa participation au pouvoir politique. L’immigré a des droits de l’homme même s’il n’est pas un citoyen (on assied néanmoins parfois ces droits de l’homme sur l’idée kantienne de « citoyenneté du monde »).

 Le deuxième cas ne peut émerger qu’à la faveur d’une politique spécifiquement catholique, c'est-à-dire d’une antipolitique. Nous voudrions comprendre la notion de « point non-négociable » comme le vœu d’une antipolitique.

 L’antipolitique n’est pas une non-politique, c’est une politique qui restaure la politique dans ses limites. L’exigence de rendre à César ce qui est à César (autonomie des choses terrestres) se double d’une exigence de rendre à Dieu ce qui est à Dieu (dépendance des choses créées). L’antipolitique, la politique catholique, consiste à déposséder César de ce qu’il a pris à Dieu. Par exemple la vie humaine n’appartient pas en tant que telle à César. A moins de faire de César un Dieu, on ne peut lui donner pour autre tâche que d’administrer la coexistence pacifique des individus.

  En ce sens, c’est au nom de la laïcité qu’on peut lutter contre l’avortement, notion plus claire et plus commune que les difficiles « droits à la vie ». La laïcité est précisément cette notion politique qui donne sa place aux ordres temporels et religieux. Si elle a été utilisée contre le débordement du spirituel sur le pouvoir temporel, il temps de l’utiliser en sens inverse, contre la tendance totalisante, faiblement totalisante, du pouvoir de César.

 Ainsi on ne parlera pas de droit à la vie, ce qui serait demander un droit pour un domaine qui ne relève pas du droit, mais de la limitation de l’exercice même du droit. La notion de droit à la vie conforte et présuppose le césarisme, l’idée qu’il soit possible que le droit aille jusqu’à ce qui est sacré, c'est-à-dire intouchable. Car c’est bien cette notion qu’il faut réhabiliter : le sacré étant l’autre face de la laïcité. Comprise comme distinction des ordres profanes et sacré, la laïcité devient l’étendard du combat pour la défense de la vie. 

 

Commentaires

Bonjour!
une Marche Pour la VIE aura lieu à Lyon le 29 Mai 2011.
Voyez notre site pour les détails.

Écrit par : SOS Tout-Petits | 16.05.2011

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire